Tu vois ce qui arrive petit homme. Tu vois. Un cri, la coulée de pétrole sur ses joues, la silhouette disloquée de son frère qui s'échappe, qui fond comme un soldat de caoutchouc et cette épouvantable odeur de brûlé.
Ali Neuman met le contact sans y penser. L'important était de tenir.
Le chef de la police criminelle de Cape Town a la pression. La fille d'un champion du monde de rugby a été assassinée. Son adjoint afrikaan Epkeen suit la piste difficile d'une nouvelle drogue, tout en pensant parfois plus à son ex qu'à l'enquête. Mais Epkeen est un chien et si Ali n'aime pas beaucoup la tournure de ce qu'il trouve, Epkeen lui se demande bien quelle enquête personnelle son patron est en train de mener.
Ali est un cérébral mais dans son sillage, il n'y aura bientôt plus que des cadavres.
J'aime bien faire compliqué.
je me focalise sur un pays pour son contexte, mais surtout pour ses « gens ». Ce sont eux qui m'intéressent, dans leur diversité et leur particularité.
Ca prend du temps (entre trois et quatre ans) pour cibler un pays, c'est aussi très prenant.
Un bon ami journaliste s'est installé là-bas avec sa femme après l'avènement de Mandela. Je les ai rejoins une première fois : ils m'ont fait découvrir le pays. L'équation était simple : apartheid, guerre civile entre l'ANC de Mandela et les Zoulous de l'Inkatha, les disparités énormes de revenus et de culture entre les Blancs et les Noirs, les boers et leur histoire, la chute du Mur, le libéralisme, les townships, les paysages sublimes de la région du Cap, la proximité de la sublime Namibie, la violence, le sida, (etc), il y avait tout pour faire un polar digne de ce nom. Je suis resté cinq semaines la première fois, j'ai lu et emmagasiné de la documentation, créé l'histoire et les personnages, puis je suis retourné cinq autres semaines pour visualiser plus intimement les lieux - townships, milieu de la nuit, désert namibien... et bien entendu rencontrer des gens. Je n'écris pas en voyage : je voyage ! Les notes suffisent. Il y a un peu de journalisme là-dedans (un des jobs que j'ai fait avant d'écrire à plein temps), mais surtout de la curiosité. Les gens que je rencontre me donnent des idées. Quand on connaît assez bien un pays, comme c'est le cas après trois ans de recherches, c'est facile de trouver les personnes qu'il faut au moment où il faut. Ouvrir les oreilles, ne pas avoir peur (en l'occurrence des Noirs) malgré les avertissements des tours operators... ». Ce n'est pas le doute qui rend fou, mais la certitude. Je n'aime pas trop savoir ce qui va m'arriver demain. En voyage, c'est pareil. On a des pistes, des intuitions, et on les suit. Parfois ça ne mène nulle part, l'inverse est plus fréquent. Et puis ça dépend avec qui on voyage. En Afrique du Sud, je suis parti avec mon ami borgne. Ce sont les Noirs qui avaient peur ! Je rigole, mais à peine.
Je m'offre des vacances avec mes polars bretons : pas besoin de voyager, je viens de là-bas. Et puis, le personnage de Mc Cash m'est familier, puisqu'il est largement inspiré d'un ami, une sorte de pirate. Mc Cash mourra avec lui...
Je suis un fan d'Emma Peel, et d'ailleurs ma fille s'appelle Emma.
Ali est un cérébral mais dans son sillage, il n'y aura bientôt plus que des cadavres.
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| Caryl Ferey |
je me focalise sur un pays pour son contexte, mais surtout pour ses « gens ». Ce sont eux qui m'intéressent, dans leur diversité et leur particularité.
Ca prend du temps (entre trois et quatre ans) pour cibler un pays, c'est aussi très prenant.
Un bon ami journaliste s'est installé là-bas avec sa femme après l'avènement de Mandela. Je les ai rejoins une première fois : ils m'ont fait découvrir le pays. L'équation était simple : apartheid, guerre civile entre l'ANC de Mandela et les Zoulous de l'Inkatha, les disparités énormes de revenus et de culture entre les Blancs et les Noirs, les boers et leur histoire, la chute du Mur, le libéralisme, les townships, les paysages sublimes de la région du Cap, la proximité de la sublime Namibie, la violence, le sida, (etc), il y avait tout pour faire un polar digne de ce nom. Je suis resté cinq semaines la première fois, j'ai lu et emmagasiné de la documentation, créé l'histoire et les personnages, puis je suis retourné cinq autres semaines pour visualiser plus intimement les lieux - townships, milieu de la nuit, désert namibien... et bien entendu rencontrer des gens. Je n'écris pas en voyage : je voyage ! Les notes suffisent. Il y a un peu de journalisme là-dedans (un des jobs que j'ai fait avant d'écrire à plein temps), mais surtout de la curiosité. Les gens que je rencontre me donnent des idées. Quand on connaît assez bien un pays, comme c'est le cas après trois ans de recherches, c'est facile de trouver les personnes qu'il faut au moment où il faut. Ouvrir les oreilles, ne pas avoir peur (en l'occurrence des Noirs) malgré les avertissements des tours operators... ». Ce n'est pas le doute qui rend fou, mais la certitude. Je n'aime pas trop savoir ce qui va m'arriver demain. En voyage, c'est pareil. On a des pistes, des intuitions, et on les suit. Parfois ça ne mène nulle part, l'inverse est plus fréquent. Et puis ça dépend avec qui on voyage. En Afrique du Sud, je suis parti avec mon ami borgne. Ce sont les Noirs qui avaient peur ! Je rigole, mais à peine.
Je m'offre des vacances avec mes polars bretons : pas besoin de voyager, je viens de là-bas. Et puis, le personnage de Mc Cash m'est familier, puisqu'il est largement inspiré d'un ami, une sorte de pirate. Mc Cash mourra avec lui...
Je suis un fan d'Emma Peel, et d'ailleurs ma fille s'appelle Emma.

