 Un commissaire homo qui se comporte comme un vrai salaud. Daquin a son commissariat passage du désir, et dehors, ça tombe comme des mouches dans le sentier, prostituée, concierge, petit patron, il flotte une odeur d'héroïne, dans ces rues que tout le monde connait, contrôles, sans papiers, ateliers clandestin, bonneterie, grosse bonneterie, Daquin ne contrôle plus rien. Mais lui aussi c'est un agité.
Paroles d'auteurs (Dominique Manotti - France) - Quand j'ai eu envie d'écrire un roman noir, il m'a toujours paru
évident que je commencerai par raconter le Sentier. Parce que c'est
un milieu que je connais bien, pour y avoir eu une activité
militante pendant un temps. Et parce que c'est un milieu à la fois
violent et chaleureux, hors normes et profondément intégré dans
les circuits économiques, extrêmement vivant, régi par ses propres
règles, et ancré au coeur de Paris. En fait, le Sentier est à lui
seul un personnage de polar, et je crois que, dans Sombre sentier, il
a fortement déteint sur tous les autres. Daquin me semble y avoir
pris certains de ses traits les plus attachants. - J'ai longtemps eu la conviction que je pouvais, que j'allais,
participer au changement de la société dans laquelle je vivais,
pour ne pas dire à une révolution. J'étais donc une militante très
engagée, et je concevais mon métier d'historienne comme un
instrument d'élucidation du présent. Aujourd'hui, je n'y crois
plus, ou tout au moins pas pour ma génération. Peut-être pour la
suivante ? Alors je cherche à raconter ce que je connais de cette
société dans laquelle je vis, à tout hasard. Le roman noir me
paraît la forme la plus adaptée, et qui me procure le plus grand plaisir - Je suis profondément féministe, j’ai
par exemple été une des toutes premières adhérentes du centre
parisien du Planning familial, en 1961 à Paris, j’ai aussi
travaillé avec le Mouvement pour la libération de l’avortement et
de la contraception.
Ceci dit, je ne suis pas une féministe d’organisations non mixtes,
et j’ai eu beaucoup de mal à faire des personnages féminins. Dans
mes premiers romans, il n’y avait que des hommes. - Je viens d’un milieu très bourgeois, mon père était manager
de grandes entreprises, dans la métallurgie - Manotti est un pseudo.
J’ai eu une enfance parisienne très confortable et très heureuse
car ma famille était à la fois très cultivée et très ouverte. Ce
qui a été pour moi le choc fondateur, c’est la guerre d’Algérie.
Je suis alors entrée à l’Unef. Après, j’ai intégré l’UEC
[Union des étudiants communistes], où le
débat était extraordinairement vivant, ensuite il y a eu Mai 68,
après quoi j’ai fait beaucoup de syndicalisme, à la CFDT
interprofessionnelle. Et je n’ai jamais eu la tentation de me
renier, je reste profondément marxiste. - A mes yeux, un livre n’appartient pas à son auteur mais au
lecteur, l’auteur peut donc parfaitement avoir des opinions de
droite, et le lecteur, une lecture de gauche. Ellroy est très
probablement un personnage de droite, et alors ? Je n’ai pas envie
d’être amie d’Ellroy, je n’ai même pas envie de le connaître.
Toujours est-il qu’il y a peu de livres aussi violents sur la
société américaine que le Quatuor de Los
Angeles et j’en tire une connaissance de cette société qui
s’intègre parfaitement dans ma vision du monder. -
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