 Craxi est tombé.
L'Italie vacille, le pouvoir s'effondre et la mafia est à la recherche de nouveaux alliés. Alors en attendant, les bombes explosent, des bombes de droite.
Les inconnus habituels ?
Non
mon petit chou, ceux là, ce sont d'autres habituels, là, ceux qui
s'agitent ce sont ceux du banc de touche. Ceux que l'on ne faisait pas
jouer même quand l'équipe première s'était chopée une épidémie. Les porcs.
Les imprésentables.
Cette
fois la question est autre, depuis que le mur de Berlin est tombé, les
gars du banc de touche, ils se sont mis en tête de se passer de nous.
Mais
le lieutenant Scialoja ne comprend pas le vieux député Nicola
Corazza... Pourtant le petit lieutement est le dépositaire des archives du Vieux,
il a passé des mois à tout lire, à rétablir des liens, mais il n'a plus
personne vers qui se tourner. Flic, agent secret d'un état inexistant,
il doit désormais se débrouiller tout seul pour sauver les meubles et
apprécier la situation selon sa propre opinion. Mais le temps presse,
les bombes explosent toujours en Italie, alors il tire un fil mafieux,
un fil industriel, recrée les réseaux et trace sa route infime au milieu
de ceux qui se voient un grand dessein. Le petit va gagner mais aussi
tout perdre même Patricia son amour ambigu.
Un monde qui se dissout avec le bruit de l'acide.
Paroles d'auteur (Giancarlo de Cataldo - Italie) - J'étais un gamin maigre à lunettes, un véritable désastre au foot. Qu'est ce que je pouvais faire d'autre à Tarente, ma ville natale du sud de l'Italie. Alors j'ai commencé à lire les romans d'aventures d'Emilio Salgari, des films de pirate, je voulais être écricain, metteur en scène. Je suis devenu juge, parce je suis né dans une famille de la bonne classe moyenne et où toute carrière ne peut qu'être traditionnelle. Mais je n'ai jamais cessé de rêver à devenir un grand écrivain. Aujourd'hui je vis plusieurs vies, comme juge, écrivain, scénariste, journaliste, père et mari. Avec mon début de cinquantaine, quand d'autres sont déprimés moi je me demande chaque soir ce que je vais pouvoir inventer pour rendre demain intéressant. Je sais que j'ai de la chance et j'essaye de pas en faire trop. - Le Pasticciaccio de Garda et tout Sciascia nous montrent ce qu'est la manière de traiter le roman noir dans la littèrature italienne. Nous sommes faibles dans les "whodunit" mais forts quand nous cherchons notre propre style, il nous faut plus de Balzac que d'Agatha Christie. - Le romancier n'a aucun devoir. Simplement, s'il a la possibilité de
tendre un miroir à la société, pourquoi devrait-il s'en tenir à
l'enquête, au puzzle à recomposer ? Pourquoi ne pas apporter quelque
chose de plus, de différent au lecteur ? Il s'agit juste de lui dire :
voici la réalité, qu'est-ce que tu en penses ? - Dans Romanzo Criminale, mes héros sont des "cani di bancata", des chiens malades, les derniers des
derniers, qui se disputent les os du butin, sans projet, sans volonté,
simplement pour contrôler cent mètres de pavé, en tuant pour un rien. - Dans l'Italie d'aujourd'hui, à l'appât du gain facile s'entremêlent la perte de tout sens des limites - C'est Elmore Leonard qui m'appris à mettre du "cool" dans du noir de noir et j'aime le côté social et politique de Rebus, Rankin et moi partageons il me semble la même atmosphère.
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Pour prolonger avec cet auteur :
- Romanzo Criminale - Les Traitres -
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